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Publié : 19 septembre

Une histoire de l’Algérie : de la mémoire à la violence terroriste. Réflexions d’un témoin et regards savants.

Formation PAF 2019 23 septembre MUNAE 6 rue de Bihorel

Une histoire de l’Algérie : de la mémoire de la guerre d’indépendance au surgissement de la violence terroriste. Réflexions d’un témoin et regards savants.

Lieu : Centre de ressources du Musée National de l’Education (MUNAE) 6 rue de Bihorel 76000 ROUEN. 23 septembre 2019 9h30-17h00
Problématique : l’Algérie est extrêmement présente dans la France d’aujourd’hui. Elle fut proche par la décision d’en faire un département français et par un siècle au moins d’occupation. Elle le reste par la forte proportion de populations issues de l’immigration et la forte présence d’une diaspora algérienne en son sein. Elle fut cependant toujours lointaine par sa distance avec la métropole, par le décalage entre son statut et la colonisation et le reste dans le traitement présent de la « guerre d’indépendance » - « les événements » - le faible travail de mémoire et sa présence intermittente dans le débat public national du fait, sans doute, de l’ampleur des traumatismes et des deuils non faits. Ils saturent notre relation à l’Algérie. L’irruption récente d’un terrorisme endogène comme la montée inexorable d’un parti dont nombre de cadres furent liés à la bataille d’Alger en sont une preuve. Cette violence politico-religieuse avait déjà été précédée en France par les attentats du GIA et, en Algérie même, par les succès électoraux du FIS et l’entrée en guerre civile.
Histoire, traumatismes, espoirs et mémoires ; violence, religion et politique. 1962/1992. A la croisée des temps, à partir de thèmes présents dans les programmes d’histoire et de philosophie, la journée proposée sera l’occasion, à partir du témoignage et de la réflexion d’un acteur, intellectuel et témoin et des apports de l’étude, de travailler dans cette double direction : présence d’une mémoire de la guerre d’un côté, et surgissement, de l’autre, de la violence religieuse au sein de la politique. Les deux entrées sur l’histoire et l’étude de l’Algérie seront explorées en elles-mêmes et par leurs échos mutuels et les éclairages que l’on peut en tirer dans nos deux disciplines et pour la formation de nos élèves.

Sous la responsabilité de Guillaume Jacono, IA-IPR d’Histoire-Géographie et Franck Lelièvre IA-IPR de Philosophie.

Le témoin.

Ahmed Djebbar. Il est un mathématicien, historien de sciences et des mathématiques arabes. Il est né en Algérie et de nationalité algérienne, professeur émérite à l’université de Lille. Il est bien connu pour ses travaux en épistémologie historique des mathématiques.
C’est également un témoin de la guerre d’indépendance d’Algérie – il a 20 ans au moment de l’indépendance - et un intellectuel engagé et respecté dans son pays. Témoin de première main de la « décennie noire », il est alors conseiller du président algérien Mohamed Boudiaf, assassiné le 29 juin 1992. De juillet 1992 à avril 1994, il occupe le poste de ministre de l’Education nationale e Algérie dans les gouvernements Abdessalam et Malek.
Engagé depuis plusieurs années dans un travail de transmission, il a accepté de nous faire profiter de sa réflexion critique sur la réalisation d’une espérance sociale et démocratique, ses aléas et ses épreuves. Son regard de témoin accompagnera l’ensemble de cette journée.

Le matin.

Entre histoire et mémoires, la période de colonisation et la guerre d’Algérie

Il s’agira de comprendre comment du côté du côté algérien sont vécus l’époque coloniale, les « événements », et la guerre de propagande, comment ont évolué les mémoires de ce conflit du côté algérien tant côté FLN que du côté des harkis. Quels sont les lieux de mémoire en Algérie ? Quelle symbolique ? Ahmed Djebbar nous livrera sa vision de jeune homme né dans l’Algérie coloniale, engagé dans la guerre, revue et corrigée par son analyse actuelle.
Bertrand Lecureur, enseignant détaché pour partie au MUNAE, montrera comment à partir d’un travail de témoignages, l’historien peut construire des supports pédagogiques : exposition et web documentaire du MUNAE seront les principales ressources pour dialoguer avec les propos d’Ahmed Djebbar tenus juste avant.

L’après-midi.

Du socialisme à l’islamisme et au de-là.

-  Bilel Ainine, politiste et membre de l’observatoire des radicalités politique, Docteur en science politique, chercheur au Cesdip (CNRS) et chargé de mission à la MIVILUDES. Il traitera de l’objet suivant qui a fait l’objet d’une thèse
[https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-01633855.]
Il est également l’auteur « Soldats de Dieu, paroles de djihadistes incarcérés ».
-  Islam politique et entrée en radicalité violente. Le cas des salafistes radicaux violents algériens.
Il s’agira d’examiner la genèse de l’islamisme en Algérie, la stratégie de violence et de recrutement employée chez les salafistes radicaux et enfin les stratégies mises en œuvre pour parvenir à éradiquer le phénomène et opérer un désengagement, une déradicalisation et une reconversion chez les anciens djihadistes salafistes.
-  Ahmed Djebbar : les leçons d’un engagement.
A partir de son expérience de témoin engagé, il s’agit de reprendre les mêmes questions : comment surgit la menace salafiste au sein de la société algérienne, quel rapport a-t-elle avec les forces et organisations politiques acteurs de l’indépendance ? Comment décrire leur expansion et leur méthode ? Quels remèdes et quels moyens pour espérer endiguer cette menace ?

  1. NB : Ahmed est l’auteur d’un grand nombre d’ouvrages dont : Une histoire des sciences arabes, Une histoire de la science arabe (Entretiens avec Jean Rosmorduc, L’Algèbre arabe, genèse d’un art, L’Âge d’or des sciences arabes, Les Sciences arabes en Afrique : mathématiques et astronomie (avec Marc Moyon). Il a notamment été commissaire scientifique de l’exposition « L’âge d’or des sciences arabes » à l’institut du monde arabe en 2005.