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Publié : 18 mai

Dictionnaire facétieux pour musique sérieuse

Récemment mis à l’honneur sur le nouveau portail national du numérique dans l’enseignement supérieur, le Dictionnaire facétieux de la musique est une initiative originale de Christiane Weissenbacher. La musique y est abordée par le biais de 26 thématiques comme autant de lettres de l’alphabet, sur un ton mêlant premier et second degrés, sérieux et plaisanteries.

Entretien avec Christiane Weissenbacher, son auteur.

Comment est né ce dictionnaire ?
Au tout début de ce projet se trouve mon envie de réaliser une chronique pour Accent 4, la radio de la musique classique en Alsace. Pourquoi pas un « dictionnaire » ? Mais alors, pas dans le ton des « Dictionnaires amoureux » publiés chez Plon. Plutôt un ton facétieux, qui n’est pas très fréquent chez les musicologues, mais qui me convient bien. Agréées par Olivier Erouart, le directeur d’antenne d’Accent 4, ces chroniques ont paru pendant deux ans, d’octobre 2010 à juin 2012, à raison de treize lettres par an.
Au cours de ce travail j’avais remarqué une aquarelle signée Muriel Bardon sur la première page d’un programme de concert, et j’avais été séduite par le ton, plein d’humour et de pertinence, de ce dessin. J’ai contacté l’artiste, et Muriel et moi avons pu découvrir nos univers « facétieux » respectifs. Etant elle aussi musicienne, elle pouvait comprendre les gags de mes chroniques et en faire elle-même d’autres avec son crayon. Elle eut de fait à cœur de m’envoyer un nouveau dessin chaque fois que paraissait une nouvelle chronique, et de compléter la série, sans qu’on sache ni l’une ni l’autre à ce moment-là où ce tandem allait nous mener.
Lorsque l’Université ouverte des humanités (UOH) lança son appel à candidature pour la réalisation de ressources pédagogiques à l’automne 2012, j’ai proposé le projet du Dictionnaire facétieux de la musique. La maquette envoyée ne comportait qu’une seule lettre (le W comme Watermusic !), mais traitée intégralement c’est-à-dire avec le dossier « en savoir plus » en complément de la chronique et de l’aquarelle. Le projet a été retenu à l’unanimité. C’est alors qu’a commencé le travail avec Christophe Scherrer à la DUN.
Pourquoi avoir choisi de porter vos chroniques sur le web, sous la forme d’un dictionnaire multimédia et interactif ?
En 2013, j’avais déjà l’expérience de quatre ressources multimédia produites pour l’UOH. L’idée de porter le Dictionnaire sur le web s’est précisée à la suite d’une remarque d’un auditeur : il était mort de rire à certains moments, mais à d’autres, il avait le sentiment de passer à côté d’un gag, faute d’information sur le sujet : il fallait donc rendre disponibles les connaissances liées au « premier degré » pour permettre à l’auditeur désireux de jouir pleinement du « second degré » de s’y référer s’il en éprouvait le besoin, et permettre à chaque auditeur de le faire selon ses propres besoins…

Comment s’est déroulée la collaboration avec la DUN ?
Avant de travailler sur ce Dictionnaire j’avais déjà mené à bien cinq projets avec la DUN, tous consacrés à des œuvres musicales : L’Ondin de Dvorák, le Sposalizio de Liszt, le Carnaval de Schumann et les Fêtes galantes de Debussy. Les quatre premiers étaient des films, réalisés pour l’essentiel avec la collaboration de Christophe Cerdan et Caroline Marrie.
La cinquième production de la DUN (et quatrième « commande » de l’UOH), consacrée aux Poésies populaires juives de Chostakovitch, était déjà, comme le Dictionnaire facétieux de la musique à venir, une ressource multimédia réalisée avec Christophe Scherrer : dans les deux cas une superbe collaboration.
Joanne Maul de l’UOH nous a également fait des remarques précieuses pour améliorer l’ergonomie du « poste magique » en fin de parcours. Mais avant de pouvoir finaliser l’ensemble, j’ai dû passer six mois à rédiger les 25 textes restants de la rubrique « en savoir plus »…

Quels rapports établissez-vous entre votre travail d’enseignant-chercheur et ce projet ?
J’ai eu l’occasion, il y a une vingtaine d’années, d’enseigner pendant quatre ans à l’antenne strasbourgeoise de l’Université de Syracuse. Pour exister, ce cours sur Music and society devait intéresser « au moins 12 étudiants », et j’ai dû trouver des contenus « intéressants », ouverts autant que possible sur la Cité.
Pendant 10 ans, dont 5 dans le cadre d’une demi-délégation de l’Université, j’ai aussi animé des ateliers à l’Orchestre Philharmonique de Strasbourg (OPS). J’intervenais auprès du grand public dans des « ateliers d’écoute » en lien avec les œuvres au programme de la saison, et en même temps je faisais cours à la fac sur le même programme : c’est ce « grand écart » qui m’a appris comment utiliser l’image pour communiquer sur la musique.
Je suis une spécialiste de la « non-spécialisation » : durant ma carrière j’ai toujours préféré collaborer avec des spécialistes de diverses autres disciplines plutôt que creuser seule un même sillon. Ce Dictionnaire est aussi un travail de « fin de carrière ». A trente ans m’auraient manqué non seulement les connaissances, mais aussi l’expérience médiatique et surtout l’ « audace » d’un ton vraiment personnel. Je suis très contente d’avoir fini ma carrière universitaire avec lui – sans avoir pour autant le sentiment d’en être à ma dernière facétie.

Propos recueillis par Edern Appéré

26 lettres pour découvrir la musique
Présenter des connaissances en musicologie sur un ton mêlant savoirs et imagination, premier et second degrés, tel est le concept original du Dictionnaire facétieux de la musique.
« Les ressources en musique existent sur internet mais il faut donner l’appétit pour les consulter. Dans ce dictionnaire j’ai choisi d’aborder des thématiques sur un ton décalé. Le format est ergonomique : on peut s’interrompre et reprendre facilement plus tard grâce au découpage en 26 lettres », explique son auteur, Christiane Weissenbacher, enseignante-chercheur en musicologie de l’Université de Strasbourg désormais à la retraite. À chaque lettre de l’alphabet correspond un mot ou une expression traités sous trois formes : une chronique audio dans un registre facétieux née sur les ondes de la radio d’Accent 4, une aquarelle réalisée sur le même ton par la violoniste Muriel Bardon, et des explications pour approfondir les notions abordées. Le dictionnaire comporte plus de cent échantillons issus de tous les genres, pays et époques de l’histoire de la musique.
Christiane Weissenbacher a élaboré ce dictionnaire avec le concours de Christophe Scherrer, ingénieur pédagogique de la Direction des usages du numérique, dans le cadre d’un appel à candidature de l’Université ouverte des humanités.