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Publié : 8 novembre 2015

Parution des Oeuvres de Michel Foucault à la Pléiade

Michel Foucault
Œuvres
Tome I Édition publiée sous la direction de Frédéric Gros avec la collaboration de Jean-François Bert, Daniel Defert, Francois Delaporte et Philippe Sabot

Parution le 5 Novembre 2015
Bibliothèque de la Pléiade, n° 607
1712 pages, rel. Peau, 105 x 170 mm
Ce volume contient :
Histoire de la folie à l’âge classique - Naissance de la clinique - Raymond Roussel - Les Mots et les Choses.
ISBN : 9782070134526
Code distributeur : A13452
GENCOD : 9782070134526

Voir sur le catalogue de la Pléiade.

Tome II Édition publiée sous la direction de Frédéric Gros avec la collaboration de Philippe Chevallier, Daniel Defert, Bernard Harcourt, Martin Rueff et Michel Senellart

Ce volume contient :
L’Archéologie du savoir - L’Ordre du discours - Surveiller et punir - Histoire de la sexualité I, II, III - Articles, préfaces, conférences.
Parution le 5 Novembre 2015
Bibliothèque de la Pléiade, n° 608
1792 pages, rel. Peau, 105 x 170 mm
ISBN : 9782070134533
Code distributeur : A13453
GENCOD : 9782070134533

Voir sur le catalogue de la Pléiade.

Son œuvre, entre philosophie, histoire et littérature, est difficile à situer. Les disciplines traditionnelles peinent à la contenir. Sa chaire au Collège de France s’intitulait « Histoire des systèmes de pensée ». Lui-même ne cessa jamais de relire Kant, Nietzsche, Heidegger, mais il cite moins les classiques de la philosophie que d’obscurs traités, règlements ou manuels conservés dans des fonds d’archives, royaumes des historiens. Des historiens « professionnels » de son temps Foucault partage d’ailleurs l’ambition : ouvrir l’histoire à de nouveaux objets. Il reste que ce sont bien des problématiques philosophiques que renouvellent ses « histoires » (de la folie, de la sexualité), ses « archéologies » (des sciences humaines, du savoir), ses récits de « naissance » (de la clinique, de la prison). « Et j’ai beau dire que je ne suis pas un philosophe, si c’est tout de même de la vérité que je m’occupe, je suis malgré tout philosophe. » Philosophe « malgré tout », Foucault a inventé une nouvelle manière de faire de la philosophie. Il n’a pas apporté une pierre de plus à l’édifice compartimenté de la pensée : en en abattant les cloisons, il en a bouleversé l’architecture. Il a rendu les disciplines communicantes. Certains spécialistes n’ont pas manqué de le lui reprocher.
Et la littérature ? Ses livres sont savants. Ils témoignent d’une érudition stupéfiante. Encore faut-il donner forme à l’informe de l’archive. Les citations, le maillage de références, la mise en scène d’épisodes historiques, tout, chez Foucault, est déplié, exposé dans une écriture tour à tour baroque et rigoureuse, austère et splendide, démesurée et classique. En bibliothèque, il se sent porté par les mots des autres. Leur intensité nourrit son écriture. « La lecture se prolonge, se renforce, se réactive par l’écriture, écriture qui est elle aussi un exercice, elle aussi un élément de méditation. » Le matériau des historiens et l’horizon tracé par les philosophes s’augmentent chez lui d’une exigence littéraire apprise auprès de Flaubert, Blanchot, Beckett. Le traiter de « styliste » serait réducteur. Foucault, qui se disait artisan, est un écrivain.
Outre un choix de textes brefs, articles, préfaces ou conférences, cette édition rassemble tous ses livres personnels. Leur influence est immense. Mais leur réunion ne vise pas à former une autobiographie intellectuelle. « Je ne veux pas de ce qui pourrait donner l’impression de rassembler ce que j’ai fait en une espèce d’unité qui me caractériserait et me justifierait. » Voyons plutôt en elle ce que Foucault disait d’Histoire de la folie en 1975 : « J’envisageais ce livre comme une espèce de souffle vraiment matériel, et je continue à le rêver comme ça, une espèce de souffle faisant éclater des portes et des fenêtres… »