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Publié : 23 septembre 2014

Nicolas de Cues, les fabristes et l’histoire

Journée d’études organisée par Emmanuel Faye et Jocelyne Sfez (ERIAC, université de Rouen), les 18 et 19 novembre 2014 à l’Université de Rouen.

Le sixième centenaire de la naissance de Nicolas de Cues, célébré en 2001 a suscité en France un regain d’intérêt pour l’œuvre du cardinal-philosophe, qui ne s’est pas démenti depuis. En l’espace de quinze années environ, c’est l’ensemble du paysage des études cusaines qui a été renouvelé en profondeur, avec en particulier la multiplication des traductions. Il convient de s’en réjouir fortement, compte tenu de l’importance de la pensée du Cusain, lu – on ne le sait pas assez – aussi bien par Montaigne que par Descartes, Malebranche ou Pascal…

Nous fêterons cette année le cinq cent cinquantième anniversaire de la mort de Nicolas de Cues et le cinquième centenaire de l’édition dite parisienne, réalisée par Jacques Lefèvre d’Etaples, des œuvres complètes du Cusain. Cette grande édition, imprimée en 1514, est celle qui a été historiquement reçue dans toute l’Europe, avant l’édition entreprise par l’Université de Heidelberg depuis les années 1930 et aujourd’hui en phase d’être achevée. L’activité fabriste a donc été capitale dans la diffusion des idées cusaines. Le prochain cinq centenaire de la Parisiana est l’occasion rêvée pour étudier ses répercussions en Europe. L’influence cusaine a ainsi pu parvenir par le biais de Charles de Bovelles jusqu’aux Pays-Bas et en Angleterre, indépendamment et au delà du néo-platonisme médicéen et de l’hermétisme mystique renaissant (Pic, Bruno, Weigel, Biedermann, Kircher, Roussel, Fludd, Boehme…) qui diffusa aussi largement ses figures et idées [Meier-Oeser (1989)].

Nous souhaiterions à cette double occasion étudier le rapport – double lui aussi – de l’œuvre cusaine à l’Histoire.

En effet, outre-Rhin, les travaux des historiens, en particulier du Prof. Meuthen et du Prof. Hallauer ont mis en évidence dans l’œuvre cusaine une sensibilité particulièrement marquée à la question de l’Histoire, dont toutes les conséquences sur l’écriture de l’œuvre n’ont peut-être pas encore été étudiées. Comment la certitude cusaine que les idées – seraient-elles philosophiques ou théologiques – ont une histoire travaille-t-elle en retour l’œuvre ?

D’une part, comment l’œuvre cusaine a-t-elle fait histoire ? Et puisqu’elle a été essentiellement diffusée par la Parisiana de Jacques Lefèvre d’Etaples, comment cette édition s’est-elle constituée ? Selon quelles méthodes le cercle d’intellectuels (Beatus Rhenanus, Charles de Bovelles…) rassemblés autour de Jacques Lefèvre d’Etaples a-t-il travaillé ? Qu’est-ce qui des idées cusaines a marqué leurs œuvres respectives ? On pourra aussi interroger la réception fabriste du Cusain au regard de l’Histoire contemporaine en France et en Europe, en particulier de l’émergence du protestantisme.